Aujourd’hui, retour au Japon avec Hasui Kawase, artiste dont nous vous avions déjà parlé il y a déjà quelques temps. Hasui est un artiste du XXème siècle (1883-1957), membre du mouvement Shin Hanga, un mouvement qui s’inspire de la tradition de l’estampe japonaise classique (uriyo-e) en travaillant particulièrement sur les ambiances et les paysages. Si l’artiste est particulièrement connu pour ses représentations de la neige et de l’hiver, nous avons choisi, saison oblige, de vous présenter aujourd’hui une sélection d’estampes sur le thème de l’automne. Hasui est un grand spécialiste des paysages, qu’il représente souvent vides où avec quelques rares silhouettes, comme on le voit ici :

Hasui Kawase, Jardin d’automne (Aki no Niwa)

La première estampe « Jardin d’automne » (Aki no Niwa), fut imprimée vers 1920. Elle fait partie d’une série réalisée pour l’entreprise Mitsubishi qui représente l’une des résidences de ses fondateurs, Iwasaki Yataro. Cette estampe est remarquable par la beauté de la représentation des couleurs de l’automne. En mêlant le vert profond avec le rouge et l’orange des feuilles mortes, l’artiste reprend également une représentation classique du temps qui passe, le tout relié avec le cours d’eau central, qui semble s’écouler à perte de vue. Représentant un jardin rêvé, oasis de tranquillité, vide de toute présence et de toute référence à la modernité, Hasui évoque alors un Japon romancé et nostalgique, typique du mouvement Shin-hanga. Cette estampe, en ce début d’automne, est aussi une très belle invitation à la rêverie.

Les deuxième et troisième estampe sont plus récentes, elles ont été imprimées dans les années 1950. Dans les deux, apparaissent des silhouettes, presque cachées. Ces personnages furtifs mettent en valeur l’environnement, qui marque alors par sa grandeur et son immensité, et viennent comme murmurer des histoires au spectateur, pleines de mystères et de silence. Ces deux estampes mettent en scène là aussi un imaginaire du Japon traditionnel autour de la nature et des temples. Toutefois, dans la deuxième, les vêtements des personnages évoquent bien les années 1920.

L’estampe « le temple de Nanzenji » représente la porte du temple du même nom à Kyoto, la san-mon (une construction autonome dans l’enceinte, qui, lorsqu’on la traverse, permet d’accéder à la partie la plus sacrée du temple). Là aussi, on retrouve un travail subtil sur la couleur des arbres à l’automne. A travers trois silhouettes de femmes, Hasui Kawase représente un « passage », le passage dans le temple, qui peut symboliser le sacré et la pureté, en opposition aux flaques du sol. Toutefois, le reflet du temple dans ces flaques, magnifiquement rendu par le travail de l’estampe, semble suggérer des frontières floues entre ces deux mondes.

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Passionnée par la littérature, la philosophie, l’histoire, l’animation japonaise et mille autres choses encore. Je cherche la poésie lovée au creux des choses. Car oui, « La poésie, c’est le plus joli surnom que l’on donne à la vie » (Prévert).

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