Le Musée des Beaux Arts de Nantes rend hommage à un enfant du pays, Amédée de La Patellière (1890-1932), et s’attache à remettre dans la lumière ce peintre tombé dans l’oubli qui reste pourtant un incontournable de l’entre-deux guerres.

La jeunesse d’Amédée de La Patellière est marquée par la mort de son père alors qu’il n’avait que dix ans, puis par la première guerre mondiale. Appelé sous les drapeaux en 1914 à l’âge de 24 ans, il sera blessé à deux reprises. Frappé par cette expérience, il réalise dès 1918 des dessins documentaires sur les tranchées et la vie quotidienne pendant la guerre.
C’est dans ce contexte d’après-guerre où l’abstraction et le surréalisme font leur apparition qu’Amédée de La Patellière commence sa carrière artistique.


 

Pour moi, cette exposition a été l’occasion de découvrir La Patellière que je ne connaissais pas encore. J’ai été très frappé par l’atmosphère sombre de ses compositions, chargées de mélancolie.

 

Il me faut du mystère, du tragique, des oppositions, des éclats.

 

C’est de ce travail marqué par le clair-obscur que l’exposition tire son titre, “Les éclats de l’ombre”.


 

Le parcours de l’exposition nous montre les différentes thématiques dont La Patellière s’est inspirées pour ses toiles : de son atelier, sujet de création à part entière, à la religion / mythologie en passant par des scènes de la vie rurale et la femme qu’il représente tantôt en nus, tantôt en portrait ou en baigneuse, avec des corps trapus et schématisés qu’il ne cherche pas à idéaliser.

Amédée de la Patellière - Baigneuses
Amédée de La Patellière, Baigneuse à Bandol, 1928, Beauvais Musée Départemental de l’Oise, Photo © RMN – Grand Palais (Musée Départemental de l’Oise)/ Adrien Didierjean

 

Si la dimension sombre et tourmentée de l’œuvre de La Patellière ne m’a pas aidé à avoir un coup de cœur pour ce peintre, certaines toiles sont cependant saisissantes, à l’image de “La fin du monde”, réalisée en 1929 alors qu’il était très malade et qui porte une dimension testamentaire.


 

Du côté de la scénographie, les parties sont délimitées par des couleurs pimpantes, reprenant la charte du Musée. Ces couleurs contrastent avec l’obscurité des toiles et leur donnent davantage d’intensité.

Le travail de La Patellière est difficile à appréhender, je regrette donc l’absence de médiation. Aucun titre de parties ni texte introductif ne vient nous aider à comprendre le processus artistique du peintre.
Malgré cette lacune – que l’on comblera grâce au livret, outil d’aide à la visite indispensable – l’exposition nous fait découvrir un univers riche et intéressant, à voir jusqu’au 25 janvier 2015 à la Chapelle de l’Oratoire.

 

 

Informations pratiques :

 

Musée des Beaux Arts de Nantes
Chapelle de l’Oratoire

Place de L’oratoire

Du 24 octobre 2014 au 25 janvier 2015
Tous les jours sauf le mardi
De 10h à 18h, nocturne jusqu’à 20h le jeudi

Plein tarif : 2 € / Tarif réduit : 1 €

 

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