Située en plein cœur du pays d’Arles, dans le sud de la France, l’abbaye Saint-Pierre de Montmajour est un petit bijou d’architecture témoignant de la vie des moines bénédictins durant plusieurs siècles.

Une abbaye des plus riches et rayonnantes de Provence

Fondée en 948, l’abbaye de Montmajour fut construite sur les hauteurs du Mons Major, autrement dit « la grande montagne ». Du fait de ce positionnement géographique dominant et stratégique, elle devint rapidement pendant plusieurs siècles l’un des sites monastiques les plus puissants et incontournables de Provence.

Jusqu’à la fin du XIIIème siècle, l’abbaye prospère et attire de plus en plus de pèlerins versant de nombreux dons et assurant ainsi sa puissance. De plus, la possession d’un fragment du bois de la Vraie Croix contribue également à asseoir sa renommée. Acquise dès le IVème siècle, cette relique est vénérée solennellement à partir de 1030 et attire de nombreux fidèles venus demander l’absolution de leurs péchés le jour du « Pardon de Montmajour », le 3 mai de chaque année.

A partir du XIVème siècle, Arles est touchée de plein fouet par la Guerre de Cent ans et l’abbaye connaît un fort déclin de son activité. Chassés par les soldats, les moines quittent Montmajour pendant près de deux ans. L’abbaye quant à elle est mise en commende puis rattachée à l’archevêché d’Arles pour être finalement placée entre les mains de la congrégation réformée de Saint-Maur. Egalement appelés les Mauristes, ces disciples de Saint-Benoit parviendront à reconstruire l’ensemble du site et à restaurer l’ordre spirituel.

Côté architecture, l’abbaye subit durant plusieurs siècles de nombreuses destructions puis rénovations et constructions nouvelles, lui conférant aujourd’hui son éclectisme architectural si particulier. Elle comprend deux ensembles de style gothique, roman et classique – chacun édifiés par une communauté de moines bénédictins ayant séjourné sur le site.

Le monastère de Saint-Pierre est le premier à être construit. Aux abords de celui-ci, se trouvent une nécropole rupestre et l’ermitage Saint-Pierre. Il est également composé d’un cloître, d’un réfectoire et une salle capitulaire, de l’église abbatiale romane Notre-Dame reposant sur la crypte Saint-Benoit, d’une église haute ainsi que de la Chapelle Sainte-Croix, destinée à recevoir les nombreux pèlerins venant pour vénérer la relique. De nombreux éléments décoratifs représentant un bestiaire fabuleux, des figures humaines ou encore de végétaux ornent le cloitre tandis que l’église haute fait état d’une nudité et simplicité architecturale propre à l’art roman provençal du XIIème siècle.

Au cœur de cet ensemble, on trouve la tour de Pons de l’Orme, qui est aujourd’hui l’un des plus beaux points de vue de l’abbaye sur Arles et ses alentours. Cette dernière faisait partie d’une enceinte murale destinée à protéger l’abbaye et construite au XIVème siècle.

Le deuxième monastère, celui de Saint-Maur, est quant à lui construit entre 1703 et 1736 par Pierre Mignard. Cet ensemble d’architecture plutôt classique est le principal lieu de vie de la communauté des moines bénédictins de Saint-Maur et comprenait dortoirs, bibliothèque et réfectoire. Ravagé par les flammes en 1726, il est reconstruit par l’architecte Jean-Baptiste Franque.

Sécularisée en 1786, l’abbaye est vendue comme bien national lors de la Révolution et subit à nouveau de nombreux dommages. En 1822, c’est dépouillée et en ruine qu’elle est rachetée par le département des Bouches-du-Rhône qui en fait don à ville d’Arles. Des travaux de restauration sont alors menés à partir de la fin du XIXème siècle afin de restaurer les derniers bâtiments endommagés. Classée en 1840 au titre des monuments historiques par Prosper Mérimée, l’abbaye de Montmajour devient en 1945 la propriété de l’Etat et est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

L’abbaye de Montmajour : un lieu de dialogue entre patrimoine et art contemporain

Aujourd’hui, géré par le Centre des Monuments Nationaux, le site accueille de nombreuses manifestations contemporaines dont notamment les expositions de photographies conçues dans le cadre des Rencontres d’Arles.

En 2002, l’artiste Alain Kirili investi la nef de l’abbaye et y installe son œuvre Ascension. En 2011, l’acte II de cette œuvre est proposé cette fois-ci dans l’escalier qui mène à l’abbatiale médiévale. En 2013, c’est à Christian Lacroix que le Centre des Monuments Nationaux donne carte blanche afin de réaliser une œuvre intitulée « Mon île de Montmajour ».

Actuellement, et jusqu’au 18 septembre 2016, l’abbaye accueille l’exposition « La règle et l’intuition » pour laquelle l’artiste Gérard Traquandi a convié une dizaine d’artistes internationaux à produire une trentaine d’œuvres en écho avec le monument. Cette exposition rassemble ainsi le travail de huit artistes dont Giovanni Anselmo, Jean-Pierre Bertrand, stanley brown, Helmut Federle Hans Josephsohn, Hilma Af Klint Bernd Lohaux et Gérard Traquandi et invite les visiteurs à s’interroger sur l’espace et l’architecture de l’abbaye ainsi que sur le dialogue art contemporain et patrimoine.

Enfin, pour en découvrir un peu plus sur ce lieu, n’hésitez pas à visionner notre vidéo :

Informations pratiques

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de l’abbaye.
Exposition du 3 avril au 18 septembre
Horaires : Du 1er octobre au 31 mai : 10h00 à 17h00 (dernière admission à 16h15) et du 1er juin au 30 septembre : 10h à 18h30 (dernière admission à 17h45)
Tarifs pour l’abbaye et l’exposition : tarif plein : 7,5€  et tarif réduit : 6€
Attention : il est interdit de prendre en photo les œuvres présentées dans cette exposition.

PARTAGER
"Vois-tu, petite, le succès d’un musée ne se mesure pas au nombre de visiteurs qu’il reçoit, mais au nombre de visiteurs auxquels il a enseigné quelque chose. Il ne se mesure pas au nombre d’objets qu’il montre, mais au nombre d’objets qui ont pu être perçus par les visiteurs dans leur environnement humain. Il ne se mesure pas à son étendue, mais à la quantité d’espace que le public aura pu raisonnablement parcourir pour en tirer un véritable profit. C’est cela le musée (...)." Georges-Henri Rivière

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here