Grégoire Ichou est un guide-conférencier pas tout à fait comme les autres car il est aussi chanteur ténor. Pour concilier sa connaissance des arts avec sa passion pour le chant lyrique, il propose des visites chantées particulièrement originales.

Nous avons eu la chance se pouvoir assister à l’une d’entre elles dans l’exposition Rubens, portraits princiers – actuellement présentée au musée du Luxembourg – et nous avons adoré cette approche musicale. Nous avons donc eu envie d’en savoir plus sur le parcours de Grégoire, sur ses visites chantées et ses projets futurs. Il nous en parle…

 

Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Je m’appelle Grégoire Ichou. Je suis à la fois chanteur lyrique (ténor) et guide-conférencier (voire, plus largement, médiateur culturel). J’ai donc un parcours pluriel. Pour ce qui est de ma formation universitaire, j’ai étudié la musicologie, l’histoire de l’art et la médiation à la Sorbonne et à l’École du Louvre. Par ailleurs, j’ai été formé au chant lyrique dans plusieurs conservatoires, en particulier au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris. J’ai aussi suivi des cours et des masterclasses dans toute l’Europe avec de grands pédagogues qui m’ont beaucoup apporté. Je continue à travailler (un chanteur, comme un conférencier, est un éternel étudiant, et ça me plait !) auprès de mon ami Robert Expert, qui porte bien son nom puisque c’est un enseignant aussi génial que pointu.

Depuis quelque temps tu développes des visites originales qui mêlent conférences et concerts. Peux-tu nous en dire plus ?

Avec plaisir. Je donne des conférences-concerts dans lesquelles j’allie des éclairages historiques, artistiques et des pièces musicales que j’interprète moi-même. D’une certaine manière, je me transforme en homme-orchestre ! Ces conférences-concerts peuvent prendre deux formes : des visites chantées au sein de musées ou bien des conférences en salle avec des projections. J’y chante des œuvres vocales d’époques et de genres très divers : opéra, oratorio, opérette, mais aussi chanson populaire… le tout depuis le Moyen Âge, jusqu’à nos jours. La durée, la langue et l’esprit (plus ou moins décalé ou sérieux) des conférences-concerts peuvent varier mais le principe reste le même. Ce concept me permet de réunir mes passions pour la musique, l’histoire, les arts visuels… Bref, tout ce que j’aime. Et, quoi de mieux que d’être soi-même passionné pour captiver les autres ?

Quelles sont les réactions des spectateurs face à ces visites et conférences d’un nouveau genre ?

J’ai la chance d’avoir beaucoup de retours positifs et j’en suis ravi. Je remarque que les gens viennent nombreux et qu’ils reviennent, ce qui est déjà un bon signe ! J’adore voir dans le regard des spectateurs leur émotion à l’écoute de tel morceau ou de telle anecdote. L’enthousiasme dont ils témoignent me confortent dans mon désir de développer mon activité de « ténor conférencier ».

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Justement, mon principal projet pour les mois et années à venir est de développer ces visites chantées et conférences-concerts auxquelles je tiens beaucoup. Je crois vraiment à mon concept et je vois que le public y adhère : j’ai envie de collaborer avec de nouveaux musées et monuments. J’ai plein d’idées… La liste de mes projets de conférences-concerts serait longue.
Je rêve, par exemple, que mes visites chantées passent dans la cour Marly au Louvre ou devant le portrait de la chanteuse et compositrice Pauline Viardot (par Ary Scheffer) au musée de la Vie romantique : deux lieux – et acoustiques ! – complètement différents, l’un spectaculaire et l’autre intime, l’un qui me ferait chanter du Lully et l’autre du Viardot…

Quelle œuvre musicale et quel tableau as-tu envie de faire découvrir aux lecteurs de Culturez-vous ?

Question piège, difficile de choisir… Pour l’œuvre musicale, je dirais Le Travail du peintre de Francis Poulenc : c’est un cycle de mélodies sur des textes de Paul Éluard. Pourquoi ce cycle plutôt qu’un autre ? D’une part, parce que Francis Poulenc est probablement mon compositeur préféré (en tout cas, il me « parle » particulièrement) et, d’autre part, parce que ce chef d’œuvre résume à lui seul ma passion pour les « correspondances » entre les arts : les sept poèmes d’Éluard évoquent Picasso, Chagall, Braque, Gris, Klee, Miró et Villon. Si un jour j’arrive à l’intégrer dans une de mes visites chantées, ce sera un petit accomplissement personnel. Je devrais le proposer au Centre Pompidou, qui sait ?

Pour ce qui est du tableau, j’invite tous les lecteurs de Culturez-vous à aller découvrir l’autoportrait de Rubens qui clôt l’exposition Rubens, Portraits princiers au Musée du Luxembourg. C’est une œuvre exceptionnelle ! Et elle a l’intérêt, tout en montrant la magie du pinceau de Rubens qui anime tout ce qu’il touche, de présenter une autre facette de cet artiste perçu parfois exclusivement (à son détriment) comme le peintre du « trop » (trop de chairs, trop de mouvements…). Autre argument de taille : il appartient à la collection de la famille royale britannique, c’est donc une occasion rare d’avoir la chance d’accéder à ce superbe tableau. En plus, sans divulgâcher – comme on dit au Québec – la fin de ma visite chantée de cette exposition, le dernier morceau de je chante, à côté de cet autoportrait, m’amuse particulièrement…!

Grégoire Ichou devant l'autoportrait de Rubens
Grégoire Ichou devant l’autoportrait de Rubens

Merci à Grégoire d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Si vous voulez en savoir plus, jetez un œil à son site, à sa page Facebook ou à son compte Twitter. Nous vous recommandons aussi l’article qu’Orion en aéroplane lui consacre. 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here