Vous êtes des milliers d’amoureux de la langue française à suivre chaque jour les Editions Le Robert sur les réseaux sociaux. Et pour cause : sur Facebook, Twitter et Instagram, leurs nombreuses publications nous aident à mieux connaître les subtilités de notre langue et à apprendre de nouveaux mots.

Nous sommes allés à la rencontre de Claire-Aurélie Torpe et de Camille Poirier qui sont en charge des réseaux sociaux pour le Robert. Elle ont accepté de répondre à nos 5 questions pour nous parler de leur métier et du regard que porte une maison d’édition sur les réseaux sociaux.

 

Claire-Aurélie, Camille, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Camille Poirier : Après une formation littéraire (classe préparatoire puis master de lettres modernes et de journalisme), j’ai intégré une agence de communication spécialisée dans le secteur culturel. Il y a deux ans, j’ai décidé de me mettre à mon compte : je travaille donc désormais comme chargée de communication en freelance. J’anime les réseaux sociaux des Éditions Le Robert depuis janvier 2016… Et je ne m’en lasse pas !

Claire-Aurélie Torpe : Je suis aux Éditions Le Robert depuis presque 7 ans ! C’est un stage dans une petite maison d’édition qui m’a donné envie de travailler dans ce secteur. Étudiante en école de commerce, j’ai décidé de me spécialiser en marketing et communication. J’ai ensuite cherché à développer mes compétences en digital en faisant un autre stage dans les médias. Le Robert recherchait alors une personne pour accompagner son développement sur le numérique, j’ai sauté sur l’occasion !

Les maisons d’édition sont encore assez peu ouvertes aux réseaux sociaux, a-t-il été facile de convaincre votre direction de prendre la parole sur les plateformes communautaires ? Quant aux auteurs, sont-ils ouverts et intéressés aux réseaux sociaux ?

Claire-Aurélie : À mon arrivée au Robert, en 2011, peu de maisons d’édition étaient présentes sur les réseaux sociaux. Dans mes souvenirs, nous étions le seul éditeur du pôle Éducation et Référence du groupe Editis (2e groupe d’édition en France) à avoir une page animée sur Facebook (avec une centaine d’abonnés peut-être). L’édition était en retard par rapport à d’autres secteurs. Au Robert, il nous a d’emblée semblé très naturel de prendre la parole sur ces nouveaux médias. Nous avons cependant mis beaucoup de temps avant de réussir à mettre en place notre ligne éditoriale et développer nos premières activités avec les blogueurs. L’arrivée de Camille a été un tournant. Aujourd’hui nos auteurs et lexicographes sont très demandeurs des retours de notre communauté, certains d’entre eux sont même actifs !

A une époque où l’écriture SMS et les émojis prennent parfois le dessus, comment faites-vous pour inciter le public à s’intéresser aux belles lettres et aux bons mots ?

Camille : C’est plus facile qu’il n’y paraît ! Les internautes sont très friands d’anecdotes sur la langue et prennent plaisir à découvrir des mots rares ou anciens : épastrouillant, gobelotter, ploutocratie, chattemite… Nous essayons également de piquer leur curiosité en « collant à l’actualité » : nous profitons par exemple de la chandeleur pour dévoiler l’origine du mot crêpe, des élections présidentielles pour décrypter le vocabulaire de la politique ou de la rentrée pour raconter l’histoire du mot travail !

Claire-Aurélie : Et cela fonctionne ! 🙂 Nous essayons aussi de proposer de nouveaux formats avec des axes de communication parfois décalés, comme le jeu « Quel mot est né en même temps que vous ? » que nous avons créé à l’occasion des 50 ans du Petit Robert et qui a rencontré un grand succès avec plus de 150 000 participants.

Savez-vous quel est le profil type des personnes qui vous suivent sur ces réseaux et quelles informations attendent-ils de votre part ?

Camille : Notre communauté est très hétérogène : elle rassemble des femmes et des hommes, jeunes ou moins jeunes, passionnés de langue française ou simples curieux, originaires de tous les pays francophones (et même du monde entier !). Récemment, nous avons collaboré avec le youtubeur Squeezie, 21 ans, qui a fait une vidéo avec le linguiste Alain Rey, 89 ans : c’est bien la preuve que toutes les générations peuvent être réunies autour des mots ! Je pense que nos abonnés veulent avant tout être surpris, s’instruire tout en s’amusant.

Claire-Aurélie : Certains abonnés souhaitent aussi être informés de l’actualité éditoriale de notre maison, de nos nouveautés et de nos événements (dédicaces, rencontre avec les auteurs…).

Après quelques années sur les réseaux sociaux, quel regard porte le Robert sur ces nouveaux médias ? Quelle place jouent-ils aujourd’hui dans votre stratégie de communication ?

Claire-Aurélie : Les réseaux sociaux sont au cœur de notre stratégie de communication. Il faut savoir qu’avant chaque parution, nous organisons une session de « remue-méninges » avec les auteurs ou lexicographes pour imaginer des animations originales et ces réunions peuvent parfois durer… des heures (#coulisses) ! 🙂
Nous essayons également de créer des événements dédiés comme l’élection du mot de l’année ou le dicollaboratif (où les internautes sont invités à proposer des définitions amusantes sur des mots courants). Il nous arrive aussi de solliciter nos abonnés pour recueillir leur avis sur un projet de couverture par exemple.

Camille : De manière générale, la langue française est un sujet qui déchaîne les passions, surtout sur Internet ! Les internautes semblent heureux de disposer, grâce à nos réseaux sociaux, d’un espace d’apprentissage et d’échanges. Nous avons dépassé le cap des 80 000 abonnés sur Twitter, alors que nous n’étions que 5 000 début 2016. Il serait donc dommage de s’arrêter en si bon chemin. Après tout, les dictionnaires anglophones comme Merriam-Webster ou Oxford Dictionaries ont su séduire des centaines de milliers d’internautes !

Question bonus : de tous les livres du Robert, quel est votre coup de cœur que vous recommandez aux lecteurs de Culturez-vous ?

Camille : J’ai un petit faible pour le livre 200 drôles d’expressions que l’on utilise tous les jours sans vraiment les connaître, qui est ludique et passionnant. Mais mon coup de cœur, c’est sans aucun doute le Dictionnaire Historique de la langue française d’Alain Rey : une vraie mine d’or !

Claire-Aurélie : Difficile de choisir car chaque dictionnaire a sa spécificité et répond à un objectif précis… Mais je crois que mon préféré reste Le Petit Robert de la langue française. L’édition cinquantenaire d’Alain Rey avec l’artiste Fabienne Verdier « en résidence » est exceptionnelle ! Et mon petit faible : Les Mots du bitume, petit dictionnaire des mots de la rue de la linguiste Aurore Vincenti (préfacé par Alain Rey).

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