Professeure de français, latin et de grec ancien, Alexandra Koszelyk est aussi blogueuse littéraire. Dans quelques jours, ce vendredi 23 août, cette grande amoureuse des mots sortira son premier roman A crier dans les ruines.

Alexandra Koszelyk, A crier dans les ruines

Présentation du roman :
Tchernobyl, 1986. Léna et Ivan sont deux adolescents qui s’aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre modernité triomphante et une nature bienveillante. C’est alors qu’un incendie, dans la centrale nucléaire, bouleverse leur destin. Les deux amoureux sont séparés. Léna part avec sa famille en France, convaincue qu’Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s’éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Léna grandit dans un pays qui n’est pas le sien. Elle s’efforce d’oublier. Un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver ce qu’elle a quitté vingt ans plus tôt.

Cet ouvrage qui emprunte son titre à un poème d’Aragon est une vraie merveille, un livre puissant et poétique que j’ai dévoré alors j’ai eu envie d’en savoir plus : Où Alexandra a-t-elle puisé son inspiration ? Comme lui est venue l’envie d’être publiée ? Et comment se sent-elle à quelques jours de la sortie de son livre ?… Voici 5 questions à Alexandra Koszelyk.


Peux-tu nous parler ton roman ?

À crier dans les ruines est le retour d’une femme sur sa terre natale, vingt ans après son exil. Avec sa famille, Léna a quitté l’Ukraine en 1986 lors de la catastrophe de Tchernobyl. C’est un roman sur l’exil, la perte des repères, mais aussi la résilience : comment se reconstruit-on quand on a tout perdu ? Il me plaisait aussi de raconter comment la nature renaît de ses cendres, comment une terre agit après avoir été irradiée. La zone de Tchernobyl, encore contaminée, étonne avec ses incroyables couleurs vertes. C’est une ville post-apocalyptique qui est toujours là, sans les hommes.

« Quand Léna arrive à Kiev, elle ne s’attend à rien ou plutôt à tout. Des odeurs de son enfance, la musique de sa langue natale, les dernières images avant son exil. Mais de fines particules assombrissent les lumières de la ville, la grisaille embrume ses souvenirs. Des silhouettes la frôlent et semblent appartenir à un autre temps. »

A crier dans les ruines, Incipit

Où as-tu puisé ton inspiration ? Comment t’est venue l’idée et l’envie de parler de l’exil, du déracinement et de Tchernobyl ?

Je suis une grande lectrice, et je me suis rendue compte que certains thèmes me hantaient : l’exil et les secrets de famille notamment. Ma fascination pour Tchernobyl est venue plus tard, lorsque j’ai lu la BD Des fleurs pour Tchernobyl d’Emmanuel Lepage. J’ai fait une recherche sur internet, je suis tombée sur l’image d’une grande roue à jamais immobile. Le paradoxe m’a interpellée et j’ai senti que je devais en parler.

Je sais que tu écris depuis longtemps. Sur ton blog Bric à Book tu organises chaque semaine des ateliers d’écriture. Quand est apparue l’envie d’être publiée ? Y-a-t-il eu un “déclic” qui t’a motivée à contacter des éditeurs ?

En effet, l’atelier d’écriture existe depuis 8 ans. Chaque semaine, j’écris un texte à partir d’une photographie, c’est intéressant de voir comment chaque participant s’accapare la photo. Les angles sont à chaque fois différents. Un jour, un ami auteur m’a dit que je devrais oser l’écriture longue, que j’avais les armes nécessaires pour le faire. Ses paroles (une sorte d’adoubement) ont été l’étincelle que j’attendais.

Comment te sens-tu à quelques jours de la sortie d’un premier roman ?

Tout en montagnes russes ! À la fois fébrile et très impatiente d’y être !  

Y aura-t-il une suite à l’histoire de Léna et Ivan ? Et quel est ton coup de cœur littéraire du moment que tu recommandes aux lecteurs de Culturez-vous ?

Non, je n’ai pas prévu de suite. C’est marrant car mon fils me pose aussi cette question. J’ai crée cette histoire comme un tout, bien qu’il soit assez difficile de tirer un trait sur des personnages que j’ai portés pendant trois ans. Mon dernier coup de cœur va à un premier roman : San Perdido de David Zukerman. Une narration maîtrisée avec un soupçon de réalisme magique comme j’aime.


Merci beaucoup à Alexandra. Retrouvez les autres interviews de Culturez-vous dans la rubrique 5 questions à.

Alexandra Koszelyk, A crier dans les ruines
Editions Aux forges de Vulcain, 2019, 251 pages
ISBN : 9782373050660

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