Serge Gainsbourg – Evguénie Sokolov

Résumé :

Evguénie Sokolov est un peintre mais aussi pétomane. Exploitant avec brio ce qui pourrait être son plus grand défaut, il invente une nouvelle technique de peinture qui fera de lui l’un des plus grands peintres contemporains.


 

Avis :

Serge Gainsbourg Evguénie Sokolov

L’histoire de ce livre est très surprenante. Il fallait avoir l’idée et le culot d’écrire un livre entier sur un peintre pétomane mais qui d’autre que Gainsbourg aurait pu le faire ? Je trouve que ce livre colle parfaitement avec le célèbre chanteur : sans complexes, provoquant, drôle et poétique tout à la fois. Gainsbourg dresse sur un peu plus de cent pages de nombreuses manières d’évoquer le pet le tout dans une histoire plutôt comique même s’il faut mieux être sensible à l’humour « gras » (c’est le cas de le dire !) pour pouvoir apprécier cette lecture. Ce n’est sûrement pas le livre du siècle mais c’est malgré tout bien réussi : Gainsbourg cherche tout le temps le mot exact pour décrire ses scènes, le style est très riche et fluide… A tester si vous aimez le chanteur.

 

Extrait :

 

Ce soir-là j’acceptai pour la première fois de me laisser approcher par un journaliste. Ceci à cause du bruit qui régnait dans la place et qui masquerait durant l’interview pensais-je celui de mes flatulences, lesquelles étaient devenues de moins en moins contrôlables. Mais les questions de l’Américain, envoyé par la N.B.C., National Broadcasting Corporation, se voulaient insidieuses du genre, Sokolov what is your political position about art, […] mais alors qu’il essayait de me cerner par des questions plus perfides, je réalisai soudainement que les invités s’étaient tus, fascinés par le ton hagneux de mes réponses. Me sentant perdu dans le silence à présent total, je pris un air glacé, mister l’intellectuel lui dis-je, about my painting, let me just say this, et lui arrachant le microphone je le portai d’un geste vif à mon fondement d’où j’extirpai un vent d’une telle densité que je sentis les fèces me couler dans les jambes. Les témoins reculèrent, suffoqués par l’odeur, tandis qu’à proximité de la caméra l’ingénieur du son, l’aiguille de son vu-mètre sans doute bloquée à plus trois décibels, vacillait sous l’impact de ce gaz injecté directement dans son cerveau par ses écouteurs de contrôle.

Les Américains passèrent l’intégralité de l’interview, c’est-à-dire avec pet, et vendirent la séquence un peu partout dans le monde où l’on ne se priva point de la diffuser, diffusions donc multiples créant un processus en chaîne où mon gaz prit la force d’une charge nucléaire qui ébranla la terre entière.

 
Note : 
 

A découvrir aussi, une petite visite sur les traces de Serge Gainsbourg.

1980 – 111 pages – ISBN : 2-07-037643-5
Serge Gainsbourg (1928-1991) – Français

Article initialement publié sur le blog Art Souilleurs

 

Antoine Vitek

Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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3 commentaires

  1. seb dit :

    hann depuis le tps que je voulais le lire.. tu me le preteras??

  2. Antoine dit :

    Oui bien sûr, aucun problème 🙂

  3. seb dit :

    je l’ai fini hier soir. je suis content de l’avoir lu. c’est plutot drole à lire (ç me faisait penser à monsieur manatane) et c’est impressionnant le vocabulaire employé. pour dire c’est épatant le nombre de synonyme qu’a pu trouvé gainsbourg pour les flatulences

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