Marchesa Casati (1919), de Augustus John

The Marchesa Casati (1919) © 2009 Art Gallery of Ontario

Ce portrait d’Augustun John représente Luisa Casati, une aristocrate italienne, personnalité flamboyante, grande amatrice d’art et mécène du début du XXème siècle. Elle fascina de nombreux artistes de son temps, à l’instar de Robert de Montesquiou ou Jean Cocteau. Ainsi, de nombreux portraits et sculptures la représentent et elle a inspiré des personnages de romans de l’époque. Plus tard, sa vie et sa personnalité furent la base de personnages de théâtre (La Contessa, 1965) et de cinéma (A Matter of Time, 1976). Elle continue aujourd’hui d’inspirer les grands couturiers contemporains, tels Alexander Mc Queen ou Karl Lagerfeld.

Elle aurait affirmé « Je souhaite être une œuvre d’art vivante ». Elle se distinguait par son grand sens esthétique, qui comprenait le goût de la mode et de l’art en général. Elle marqua aussi les esprits par ses extravagances : il lui arriva ainsi de se promener avec deux guépards en laisse ou de porter des serpents vivants comme bijoux. Ses goûts et son mode de vie jugés choquants la coupèrent de son milieu aristocratique. Les fêtes qu’elle organisait étaient connues de tous, et tenaient plus du spectacle et de la performance, associant les plus grands couturiers de son temps. Dans sa villa à Capri, elle accueillait des artistes de toute l’Europe, dont certains en exil du fait de leur homosexualité. Son train de vie fastueux la conduisit toutefois à la ruine, mais elle conserva jusqu’à sa mort son goût des belles choses et son besoin d’être toujours originalement apprêtée. La fascination qu’elle inspira et qu’elle continue d’inspirer semble devoir à une personnalité affirmée, indépendante et un sens esthétique certain et sans limite.

Dans ce portrait, peint par Augustus John, le regard de Luisa Casati apparaît captivant. Le noir de l’iris et des fards vient immédiatement attirer l’œil du spectateur. Luisa Casati était effectivement connu pour se maquiller beaucoup, ce qui lui était reproché en tant qu’aristocrate. La chevelure, nue et flamboyante, de la modèle suggère là aussi la force de sa personnalité. Sa posture et la position de ses mains, serrées, viennent également participer à cette impression de force et de détermination. Ainsi, il y a un contraste entre ce visage, foncé, presque frondeur, et le reste du tableau, aux tons clairs et ternes. Le portait était à l’origine un portait de plein pied mais John choisit finalement de le découper pour n’en garder que le haut.

Ce tableau, actuellement exposé au Musée des beaux-arts de Toronto, inspira au poète et romancier Jack Kerouac un poème :

Marchesa Casati
Is a living doll
Pinned on my Frisco
Skid row wall

Her eyes are vast
Her skin is shiny
Blue veins
And wild red hair
Shoulders sweet & tiny

Love her
Love her
Sings the sea
Bluely

Moaning
In the Augustus John
de John
background

Julie Garnier

Passionnée par la littérature, la philosophie, l’histoire, l’animation japonaise et mille autres choses encore. Je cherche la poésie lovée au creux des choses. Car oui, « La poésie, c’est le plus joli surnom que l’on donne à la vie » (Prévert).

Vous pourriez aussi aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Abonnez-vous à notre Newsletter

Chaque mois, recevez le meilleur de Culturez-vous dans votre boite mail !

Merci ! Consultez votre boite mail pour valider votre inscription.