Depuis 12 ans, la politique de mécénat culturel de la MAIF est engagée dans le soutien de sculpteurs français. Chaque année, le Prix MAIF pour la sculpture récompense un artiste émergent et lui offre la possibilité de concevoir et produire une œuvre avec le soutien d’experts.

Cette édition 2020 vient de récompenser les artistes Grégory Chatonsky et Goliath Dyèvre et leur projet Internes.

Un prix comme tremplin pour les artistes

Unique en France, le Prix MAIF pour la sculpture vise à soutenir les artistes émergents. Le lauréat bénéficie d’un soutien financier de 40 000 € consacré au développement et à la production de son projet, de l’appui d’experts techniques et d’un accompagnement pédagogique et médiatique visant à mettre en lumière son travail. Deux exemplaires de son œuvre sont créés, l’un rejoint la collection de la MAIF, l’autre est conservé par l’artiste.

Parmi les lauréats des précédentes éditions, on peut citer Arnaud Grapain (2018) qui a pu élaborer son projet, Data Center, avec l’appui de la fonderie Susse ; Angelika Markul (2017) et son Mylodon de Terre ; François-Noé Fabre (2016) avec Agava ; Florian Viel (2015) ; Nicolas Milhé (2014)…

2020 : une édition sous l’angle des nouvelles technologies

Pendant onze ans, le Prix MAIF pour la sculpture favorisait la création d’œuvres uniquement en bronze. Depuis cette année, les artistes plasticiens sont invités à élaborer un projet audacieux en intégrant une dimension numérique dans leur processus de création, que ce soit dans la conception ou dans la fabrication de leurs œuvres, grâce aux nouvelles technologies.

Plus de 170 dossiers de candidature ont ainsi été reçus, proposant des projets variés faisant appel par exemple à des algorithmes, à l’impression 3D, à la biologie, à la robotique, à l’intelligence artificielle etc. Quatre d’entre eux ont été présélectionnés en février 2020 par un jury indépendant composé d’experts et professionnels de l’art et de l’innovation. Les quatre finalistes ont ensuite été départagés par le jury, complété d’un vote du public composé des collaborateurs et sociétaires MAIF.

Grégory Chatonsky et Goliath Dyèvre lauréats du Prix MAIF pour la sculpture 2020 avec le projet Internes

Le jury a élu Grégory Chatonsky et Goliath Dyèvre lauréats de l’édition 2020 du Prix MAIF pour la sculpture, avec leur projet Internes.

Dans ce projet, ces artistes cherchent à voir ce que l’art fait à l’innovation plutôt que ce que l’art fait de l’innovation. Ils inventent en effet des objets qui accueillent la réalité augmentée alors que celle-ci consiste habituellement à superposer une représentation numérique à la réalité. Le projet de ce duo d’artistes fait appel pour la première fois à la technique de l’impression 3D en béton pour une œuvre d’art. Un vrai défi ! Internes projette un monde où la matière devient un décor pour le numérique, où tout ce qui pourrait être augmenté le serait.

Internes sera constitué de sculptures uniques en béton et aluminium qui feront partie d’un système immense et qui pourront être présentées individuellement ou assemblées dans un même espace. Le visiteur pourra activer chaque sculpture avec son smartphone, une augmentation virtuelle viendra alors compléter l’objet par une image et ainsi transformer l’oeuvre. Des modules en aluminium, posés sur les fragments de béton, pourront être maniés par le visiteur qui verra naître une forme organique en réalité augmentée.

« Notre projet interroge la relation entre les humains, les techniques et le monde qui les entourent. INTERNES se présente comme la documentation d’un avenir où l’humanité, [suite à des catastrophes répétées,] serait parvenue à régler la question environnementale en séparant les concepts de matière et de forme par le biais de la réalité augmentée. »
– Grégory Chatonsky et Goliath Dyèvre

Ce projet à mi-chemin entre matériel et numérique, va désormais pouvoir être approfondi et conçu dans les prochains mois avec le soutien des équipes du Prix MAIF.

Grégory Chatonsky s’intéresse depuis 1994 à la capacité de l’intelligence artificielle à produire des résultats ressemblant à une création humaine. Artiste-chercheur à l’ENS Ulm et directeur artistique du Centre de recherche Imago, il a précédemment été exposé dans de nombreux lieux comme le Palais de Tokyo, le Centre Pompidou ou le Musée d’art contemporain de Taiwann.

Goliath Dyèvre a créé son studio de design en 2009 et travaille sur le rapport matériel et cognitif que l’être humain entretient avec les objets. Il enseigne aux Beaux-Arts de Lyon et dirige un atelier de design à l’ENSCI-Les Ateliers. Il est lauréat de plusieurs prix comme le concours de la Cité Internationale de la Tapisserie et de l’Art Tissé d’Aubusson (2014), le concours Agora pour la ville de Bordeaux (2013) et le concours nouveaux talents de Cinna (2011).

Les finalistes du Prix MAIF pour la sculpture 2020

Trois autres projets étaient finalistes de l’édition 2020 du Prix MAIF pour la sculpture :

Alma, de Léonard Martin

Léonard Martin a choisi de revisiter le rapport de l’artiste à son œuvre en inventant une divinité des temps modernes. Alma est un automate en verre soufflé capable de programmer ses mouvements et de s’émanciper de son créateur. Le matériau, transparent, permet d’observer la machinerie intérieure rejetant tout idéal illusionniste.

L’œuvre intégrera par ailleurs une caméra pour filmer le spectateur et projeter son image sur un écran situé sur sa tête. Des lumières disposées sur le corps d’Alma permettront de lire les organes de l’œuvre.

Le nom Alma fait écho à l’effigie d’Alma Mahler, une poupée grandeur nature, réalisée par le peintre Oskar Kokoschka pour se consoler de son amour perdu.

Athéna, de Hugo Servanin

Le projet de Hugo Servanin est composé de trois éléments : un buste, un assistant respiratoire et une intelligence artificielle matérialisée sous la forme de composants électroniques et de câbles. Tout comme notre cerveau contrôle notre respiration pour nous faire vivre, le réseau de neurones artificiels d’Athéna contrôlera un assistant respiratoire pour donner vie à un corps inerte.

Athena matérialise ainsi une réflexion sur les liens entre le corps et les représentations que l’on en fait mais aussi sur les technologies qui nous assistent ou qui augmentent nos capacités.

Soleil City, de Virginie Yassef

Virginie Yassef conçoit un dispositif sonore et sensoriel composé d’une sculpture animée, représentant un agrandissement d’une branche de genévrier, et complétée par une vidéo que les visiteurs pourront regarder directement sur leur portable.

Un système de son et de vibrations viendra donner l’impression que la branche est douée de parole et d’expression, en faisant une branche ventriloque qui s’animera devant le public. Une façon de donner la parole à la nature.

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