C’est la mine fatiguée et l’esprit un peu embrumé que Louis de Faramond m’accueille sur son domaine un matin de septembre. Nous sommes en pleine saison des vendanges et le jeune homme vient de passer une nuit blanche « il faut vendanger la nuit pour recueillir un raisin frais et mieux en préserver les arômes ».

Pigeonnier du XVIIe siècle

A 33 ans, Louis de Faramond est l’héritier d’une longue lignée de viticulteurs. Dans la région de Gaillac, l’un des plus vieux vignobles de France, le Château Lastours est dans la famille depuis le XVIe siècle et avant de me parler de ses vins, Louis tient à me raconter l’histoire du Domaine qu’il connaît sur le bout des doigts. Il me parle du petit fort qui se tenait initialement sur ces terres, transformé au XVIe siècle en castel doté de deux tours, « Las Tours » en occitan, qui donneront leur nom au domaine. On évoque aussi le magnifique pigeonnier du XVIIe siècle classé monument historique ainsi que les coups durs comme l’incendie qui dans les années 50 a ravagé un tiers des bâtiments ou encore le phylloxéra, deux épreuves qui ont forcé son grand-père à se réinventer. 

Vignes de Gaillac
Les vignes

Si aujourd’hui les années de galère semblent éloignées, on sent cependant que le métier de viticulteur n’est pas simple et demande sans arrêt à se remettre en question. Au fil des générations et de l’évolution des techniques, le domaine s’est transformé. Au XVIIIe siècle par exemple on fit construire un chais à moitié enterré pour maintenir la température du vin. Plus récemment, dans les années 50, on renonça aux foudres au profit de cuves en béton puis en inox. Puis dans les années 70, la famille Faramond est l’une des premières à mettre le vin en bouteille directement au domaine et à développer la vente au chai…

Les futs du château Lastours

Il faut deux qualités essentielles : la passion mais avant tout la folie !

“Ce que l’on a aujourd’hui c’est parce que depuis cinq siècles il y a de la transmission de génération en génération” confie humblement Louis de Faramond, conscient aussi du poids de cet héritage. Avec humour il concède “Pour reprendre un domaine viticole il faut deux qualités essentielles : la passion mais avant tout la folie”.

Avant de reprendre le domaine, Louis a eu un parcours atypique, ingénieur en agroalimentaire avec une spécialisation banque, il a travaillé quelques années dans le secteur bancaire avant de revenir vers ses racines. Une formation bienvenue car aujourd’hui le métier de viticulteur demande beaucoup de polyvalence et des compétences en marketing, comptabilité, management… le tout sans perdre de vue le savoir-faire bien entendu.

Ces trente dernières années, le métier de la vigne s’est beaucoup transformé. De nouvelles techniques comme la vendange à la machine ont changé les méthodes mais permettent aussi de mieux maîtriser le processus de vinification. Aujourd’hui, le challenge porte sur une approche plus écologique de la production qui a conduit le château Lastours à supprimer totalement l’utilisation d’insecticides.

Passionné par son métier, Louis de Faramond accueille volontiers ceux qui viennent pousser la porte du domaine. Il est même possible de faire une visite guidée – de préférence sur réservation. Au moment de la dégustation, Louis est incapable d’élire un préféré parmi ses enfants et ne cherche surtout pas à imposer ses goûts : sa recommandation est simple “le bon vin est celui que l’on aime”. Pour ma part je me suis laissé tenter par le blanc sec “Les graviers” et par le rouge “Tradition” mais je vous laisse aller sur le domaine Lastours pour aller trouver celui que vous apprécierez le plus !

Comment visiter le Château Lastours ?

Il est possible de faire une visite des chais, des jardins à la française et du pigeonnier, suivie par une dégustation. Ces visites sont proposées du lundi au samedi, de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h30 ainsi que le dimanche sur rendez-vous.

Réserver une visite

Gaillac, Château Lastours

Merci infiniment à Louis de Faramond d’avoir pris le temps de me recevoir et de me parler avec autant de passion de son (beau) métier malgré sa fatigue ! Merci aussi à Christian Rivière de Tourisme Tarn pour cette mise en relation.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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Comments to: «Le bon vin, c’est celui que l’on aime» – Rencontre avec Louis de Faramond du Château Lastours
  • 24 octobre 2020

    Alors là bravo, l\’essentiel est dit. Ça donne à comprendre et ça incite à aller voir.

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