Dans le Tarn-et-Garonne, l’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue abrite une riche collection d’art contemporain. On doit cet espace atypique à Geneviève Bonnefoi et Pierre Brache, un couple de collectionneurs qui a racheté et préservé l’abbaye au milieu du siècle dernier pour en faire un centre d’art.

Après leur leg au Centre des Monuments Nationaux, trois années de travaux ont été réalisées pour restaurer l’abbaye et valoriser la collection. Désormais rouvert au public, ce lieu hors du temps vous attend pour un moment de contemplation au milieu de vieilles pierres. Retour sur l’histoire atypique d’une abbaye plus tout à fait comme les autres…

L’histoire d’une abbaye cistercienne…

L’abbaye de Beaulieu nait au XIIe siècle sous l’impulsion de l’évêque de Rodez Adhémar III. Les premiers moines s’installent ici en raison de la présence d’un cours d’eau et adoptent la Règle de saint Benoît avec un mode de vie qui s’inscrit dans le respect des vœux de pauvreté et d’humilité, ce qui explique l’architecture très sobre et épurée de l’abbaye.

Au XVIe siècle, la quiétude de l’abbaye est mise à mal par les guerres de religion opposant protestants et catholiques : Beaulieu-en-Rouergue est ravagée, obligeant les moines à fuir pour un temps. Ces destructions, mêlées à un changement de l’organisation de l’abbaye marquent un tournant dans son histoire. En effet, si jadis l’abbé était élu par les moines, Beaulieu-en-Rouergue passe sous le régime de la commende où l’abbé est choisi par le Roi. Ce nouveau mode de fonctionnement est à l’origine de profonds aménagements dans l’architecture de l’abbaye, introduisant un mode de vie plus confortable. Les dortoirs sont transformés en chambres individuelles parfois décorées, loin du style sobre d’origine.

Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue

La Révolution française sonnera la fin de la période monastique à Beaulieu-en-Rouergue. Vendu comme bien national à un magistrat, l’abbaye est léguée à sa mort à la mairie de Saint-Antonin. En 1842, Viollet-le-Duc envisage de déplacer l’église abbatiale pierre par pierre dans ce village, la toiture et la charpente sont démontées mais le projet est stoppé faute de financements. Revendue, l’abbaye se transforme un temps en exploitation agricole, une fonction qui a le mérite de la préserver de la destruction mais qui l’endommage cependant.

… devenue centre d’art contemporain

La renaissance de l’abbaye de Beaulieu viendra en 1959 lorsque Pierre Brache et Geneviève Bonnefoi, en vacances dans la région, tombent amoureux et l’abbaye, pourtant à l’état de ruine.

Ce fut le coup de foudre et, en même temps, un serrement de cœur. L’église faisait songer à un navire naufragé. Elle n’en avait pas moins une rigueur et une pureté si abstraites qu’elle eût pu être l’œuvre d’un architecte actuel – un architecte de génie, bien sûr. 

Geneviève Bonnefoi
Ruines de l'abbaye de Beaulieu-en-Rouergue
L’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue en ruine © DR
Geneviève Bonnefoi et Pierre Brache
Geneviève Bonnefoi et Pierre Brache

Amateur d’art contemporain, le couple envisage d’en faire un lieu où exposer leur collection. Pierre Brache et Geneviève Bonnefoi rachètent l’édifice et mènent d’importants travaux de restauration en revendant une pièce de Brancusi achetée à un prix dérisoire quelques années plus tôt, ce qui leur permet de financer le chantier. C’est ainsi que dans les années 1970 ouvre à Beaulieu le premier centre d’art contemporain de la région.

En 1973 le couple se sépare mais, pour assurer la pérennité de leur projet, ils lèguent l’abbaye et une partie de leur collection d’art au Centre des Monuments Nationaux. Quand Pierre Brache décède en 1999 il lègue sa collection personnelle à son ex-femme, Geneviève Bonnefoi, qui fera don à son tour de l’ensemble de la collection, soit près de 1300 œuvres au Centre des Monuments Nationaux à sa mort en 2018.

Ces trois dernières années, le Centre des Monuments Nationaux a mené d’importants travaux de restauration et d’aménagement pour présenter dans l’abbaye une partie de cette riche collection. Réouverte au public en juin dernier, l’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue s’affiche désormais comme un haut lieu d’art contemporain du Tarn-et-Garonne.

Exposition d'art contemporain

Dubuffet, Hantaï, Hartung et bien d’autres exposés dans l’abbaye

C’est dans l’ancien dortoir qu’est exposée cette riche et belle collection où l’on peut désormais admirer des œuvres de Michaux, Hartung, Dubuffet, Zaö Wou-Ki, Hantaï ou encore Vasarely.

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De nombreux artistes locaux y sont aussi présentés puisque Geneviève Bonnefoi avait à cœur de soutenir les peintres des environs.

A la fin de la visite de la partie muséale, un escalier permet de rejoindre l’église abbatiale et de profiter de la beauté du monument.

Visite de l'abbaye de Beaulieu-en-Rouergue

Pendant votre visite, ne manquez pas de faire un tour dans le jardin qui entoure l’abbaye pour profiter d’un moment de quiétude.


Informations pratiques

Adresse :
Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue
Lieu-dit de Beaulieu
82330 Ginals

Horaires :
De juin à septembre : tous les jours de 10 à 18h
D’octobre à décembre et de février à mai : tous les jours sauf les lundis et mardis, de 10h à 12h30 et de 14h à 17h
Fermé en janvier

Site internet :
https://www.beaulieu-en-rouergue.fr/

Tarifs :
Tarif unique 6 €
Gratuit pour les moins de 25 ans, personnes handicapées et leur accompagnateur, demandeurs d’emploi et détenteurs du pass éducation


Article réalisé en partenariat avec Tourisme Tarn-et-Garonne

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