Une dizaine de jours. C’est tout ce qu’il vous reste pour découvrir l’estampe française au temps du roi Louis XIV. L’exposition « Images du Grand Siècle » présentée à la BnF François-Mitterrand ferme en effet ses portes le 31 janvier prochain. Une exposition exceptionnelle non seulement par le sujet – une première en France – mais aussi par les quelque 160 pièces originales, rarement exposées – et parfois uniques – principalement exhumées des collections nationales. Ces collections comptent 120.000 estampes inventoriées sur près de deux millions conservées, dont l’origine provient du cabinet du Roi, grand producteur à titre de propagande politique, et de collections privées acquises par la Bibliothèque royale et aujourd’hui rassemblées dans l’actuel département des Estampes de la BnF. L’ensemble présenté est ici complété par les collections du Getty Research Institute, institution qui avait précédemment présenté cette exposition dans son intégralité à Los Angeles durant l’été 2015, à l’occasion du tricentenaire de la mort de Louis XIV.

Technique mal connue en France, l’estampe, qu’elle soit une image ordinaire, une commande ou une production artistique, connaît son heure de gloire sous le règne de Louis XIV, de 1660 à 1715, Paris supplantant les principaux lieux de production comme Rome ou Amsterdam. Le Roi Soleil encourage d’ailleurs cette pratique et la conservation des réalisations, créant le cabinet des estampes au sein de la bibliothèque royale, et ce dès 1667 avec l’aide des Colbert, le garde de la bibliothèque Nicolas, et le surintendant des Bâtiment du Roi Jean-Baptiste Colbert.
Cette exposition, que ce soit au travers une estampe officielle, politique – et de propagande – , populaire ou encore ludique, a pour défi de faire le tour de la question, dans une scénographie contemporaine sobre et efficace. Organisée thématiquement de la gloire du roi, en passant par la religion, les scènes de genre ou encore les portraits – avec une impressionnante galerie –, « Images du Grand Siècle » fait la part belle aux images artistiques, mais n’oublie pas pour autant la technique. Celle-ci est en effet présenté dans une salle très pédagogique au centre de l’exposition, avec la taille-douce, la gravure au burin ou à l’eau forte, puis l’impression, art complet français qui s’installe comme référence dans la gravure européenne au XVIIIe et XIXe siècle. Une part est aussi donnée aux graveurs – essentiellement parisiens – que furent notamment Robert Nanteuil, Sébastien Leclerc ou Lepautre pour ne citer que les plus connus par le grand public. L’exposition s’intéresse aussi aux collectionneurs et, plus largement, à la vie quotidienne, aux mœurs de l’époque, aux vêtements et aux habitudes de la société française de ce temps. Un portrait sociétal riche d’enseignements. Le fil rouge de la première à la dernière estampe présentée reste néanmoins le roi Louis XIV, même si la majesté royale ne s’impose pas dans le discours de l’exposition. On retrouve cependant les stratégies de représentation du roi, sa propagande, la diffusion de ses idées et – même – la mise en scène et en estampe de sa mort. La scénographie s’achève sur une ligne du temps illustrée bien utile, reprenant les événements majeurs du Grand Siècle… par des estampes.

On retiendra le souvenir de cette exposition inédite par un très beau catalogue (bien qu’un peu cher, 55 euros pour 368 pages), témoignage imprimé de l’estampe sous le règne du plus célèbre monarque français. Un ouvrage de référence sur le sujet avec plus de 200 illustrations de qualité habilement dirigé par les deux co-commissaires d’expositions, Rémi Mathis et Vanessa Selbach, conservateurs à la BnF qui réalisent là un beau moment autour de l’estampe. Une belle et originale immersion au temps du roi Soleil sans se déplacer à Versailles…

 

Informations pratiques :

Bibliothèque Nationale de France, site François-Mitterand
Accès par l’entrée EST, face au 25 rue Émile Durkheim
www.bnf.fr

Jusqu’au 31 janvier 2016
Mardi – samedi de 10h à 19h
Dimanche de 13h à 19h (fermeture des caisses à 18h)

Tarif plein : 9 € (billet couplé 2 expositions : 11 €)
Tarif réduit : 7 € (billet couplé 2 expositions : 9 €)

Médiéviste de formation, proche de l’histoire des grands conflits mondiaux, de l’aéronautique - et de l’aéropostale en particulier. co-créateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". je dors peu, je lis beaucoup, et j’écris énormément. Une de mes rares facilités. Avec la recette de la truffade auvergnate et les citations latines utilisées à bon escient.

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