William Ernest Bowman – A l’assaut du Khili-Khili

Résumé :

Comme tout le monde, vous pensez que le plus haut sommet du monde est l’Everest. Détrompez-vous, c’est le Khili-Khili ! Découvert par des aviateurs pendant la seconde guerre mondiale, le Khili-Khili s’élève à 13 000 mètres d’altitude. A ce jour, son sommet n’a pas été atteint.
C’est sans compter sur l’expédition anglaise qui se prépare dans les couloirs feutrés du Comité du Khili-Khili.
7 hommes et leurs 3 000 porteurs Yogistanais (oui, parce que le Khili-Khili se trouve au Yogistan), tous aussi « expérimentés » les uns que les autres, entreprennent son ascension périlleuse. Un chef d’expédition benêt, un guide toujours perdu, un médecin toujours malade, A l’assaut du Khili-Khili, nous amène dans une aventure épique et drôle.


 

Avis :

WILLIAM ERNEST BOWMAN – A L’ASSAUT DU KHILI-KHILIÀ l’assaut du Khili-Khili est une petite perle d’humour anglais. Véritable parodie des récits d’aventure, il détourne tous les clichés de cette littérature et nous fait passer un très bon moment. C’est drôle, même très drôle.

Les personnages sont tous exceptionnels d’incompétence et d’amateurisme, ce qui cause des situations cocasses.
Le chef d’expédition (narrateur de l’histoire), surnommé Trait d’union, est un grand optimiste, intimement convaincu de vivre une aventure exceptionnelle et d’être entouré de compagnons de confiance et de bonne volonté. Il trouve une explication rationnelle (sa rationalité est très personnelle !) aux comportements douteux de ses compagnons d’aventure.
L’équipe est également composée d’un guide, Jungle, qui se perd constamment, n’est pas fichu de lire une boussole et grand adepte du ‘tourner en rond’. Le médecin, Prône, attrape toutes les maladies possibles. Shute, le photographe, perd ou abîme toutes ses pellicules. Le traducteur, Constant, est incapable de se faire comprendre des porteurs. Et enfin, Pong, le cuisinier Yogistanais, expert en soupes de semelles et de chaussettes participe également à l’expédition.
Ainsi, l’aventure est double pour Trait d’union : réussir à atteindre le sommet du Khili-Khili tout en s’accommodant des petits travers de chacun.

Tous semblent n’avoir qu’un objectif : faire échouer la mission. Et ils s’en donnent à cœur joie ! Ils enchaînent accidents, erreurs et défaillances. On en arrive à se demander s’ils vont accéder au sommet !
La narration se fait par la voix et la naïveté de Trait d’union. Sa vision de l’aventure est en complet décalage avec la façon dont elle se déroule réellement. C’est ce qui rend ce roman si drôle et original. Tout doit se lire au second degré !

Alors profitez de vos vacances d’été pour vous offrir cette petite merveille d’humour anglais qui vous donnera le sourire et vous rafraîchira.

 

Extrait :

 

Il y avait aussi tout un rite à observer pour les appels et les réponses. Il nous était interdit d’utiliser nos voix normales ; nous devions nous exprimer suivant une sorte de mélopée qui rendrait difficile d’identifier la voix de chacun. Les plus jeunes de mes compagnons semblèrent trouver un innocent plaisir à ce rite, mais je dois convenir que je le trouvai un peu déconcertant.

Les postes de radio étant petits pour économiser du poids et leur portée étant limitée, il serait peut-être parfois nécessaire de faire relayer les messages par un ou deux intermédiaires. Comme j’avais déjà fait quelques expériences de ce genre dans ma jeunesse au cours de matinées enfantines, je jugeai utile de nous donner un peu d’entraînement. Je demandais à mes compagnons de se déployer suivant un large cercle sur toute la largeur du glacier, de façon que le message pût être transmis de relais en relais. Tout d’abord, je me trouvai absolument incapable de penser à un message. On aurait dit que mon cerveau s’était congelé, et je restai quelques minutes tout à fait stupide. Je réussis enfin à composer le premier message : « Comme le Khili-Khili est serein dans la lumière du matin. »

A l’arrivée, le message était devenu : « Les haricots au beurre de Trait d’union. »

Après quelques instants de réflexion, j’envoyai le message suivant : « Veuillez, je vous prie, prêter une oreille attentive à ce texte. » Ce qui, à l’arrivée, donna également : « Les haricots au beurre de Trait d’union. » C’était absurde. A titre d’expérience, je lançai le message suivant : « Calme et gai, le serin chante chez la mère du marin. » Ce qui devint : « La voix du chef est une douce musique aux oreilles de ses compagnons. »

Cela continua ainsi toute la matinée. J’étais déterminé à ne pas renoncer, tant que nous n’aurions pas maîtrisé la technique, et bientôt, à mon grand ravissement, les messages commencèrent à être transmis parfaitement juste avant l’heure du déjeuner.

Par une étonnante coïncidence, nous eûmes des haricots au beurre au déjeuner, ce que je trouvai assez amusant.

 
Note : 
 

1956 – 215 pages – ISBN : 978-2-7436-2150-6
William Ernest Bowman – Anglais

Editions Rivages

 

Agnès

Eternelle curieuse. Touche à tout culturelle, j’aime découvrir des nouveaux artistes, des nouveaux courants, de nouveaux lieux. Musique, ciné, danse, théâtre… rien ne m’arrête ! Je confesse malgré tout une affection particulière pour la musique live associée à une grosse consommation de concerts ! Petites salles ou grandes scènes, jazz, rock, métal ou électro, je respire la musique sous toutes ses formes !

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