Stig Dagerman – Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

Résumé :

Stig Dagerman exprime dans ce livre son incapacité de vivre et sa recherche de consolation, malheureusement impossible à rassasier.


 

Avis :

Stig Dagerman Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

En faisant un peu de rangement dans ma bibliothèque, je suis retombé sur ce tout petit livre que j’avais lu il y a déjà 2/3 ans et qui ne m’avait pas laissé un grand souvenir. En relisant ce texte, je l’ai trouvé vraiment très beau et je m’étonne de n’y avoir pas plus accroché quelques années plus tôt.
Cherchant quelques informations sur son auteur, je ne peux m’empêcher de voir dans ce texte une sorte de testament. En effet, Stig Dagerman s’est donné la mort deux ans après avoir écrit cet essai, à l’âge de 31 ans. « Notre besoin de consolation… » est un texte rempli de désespoir, Dagerman s’interroge sur l’absurdité de son existence et montre sa quête d’une vie qui ait un sens car il ne veut pas vivre à moitié. Je ne saurais vous dire grand chose de plus sur ce petit livre tellement il m’a bluffé, je ne trouve pas mes mots. Ce n’est pas un texte très joyeux évidemment mais il est rempli de poésie et de sagesse. Je vous incite vraiment, si ce n’est pas déjà fait, à le lire d’autant plus que le texte est très facilement trouvable sur Internet vu sa petite taille et son ancienneté. Vous pouvez par exemple le lire ici.

 

Extrait :

 

Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie ne soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.

 
Note : 
 

A lire aussi l’avis de Leiloona, charmée elle aussi par ce petit livre.

1952 – 21 pages – ISBN : 2-86869-334-2
Stig Dagerman (1923-1954) – Suédois

Source de l’image : Rue du théâtre

Article initialement publié sur le blog Art Souilleurs

 

Antoine Vitek

Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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8 commentaires

  1. Leiloona dit :

    Lu l’année dernière, ce livre est un petit bijou !
    Si jamais mon billet t’intéresse :
    http://leiloona.canalblog.com/archives/2009/08/19/14783661.html

    Je suis réellement « tombée en amour » pour la plume de cet homme. Je partage donc toutes les étoiles que tu lui as mises ! 😀

  2. Antoine dit :

    Je vois en effet que tu as été charmée toi aussi, mais ça ne m’étonne pas beaucoup 🙂

  3. sylvie dit :

    merci pour ce lien, ton extrait donne vraiment envie de poursuivre.

  4. Antoine dit :

    Je t’en prie, il ne faut pas beaucoup de temps pour lire ce texte mais il mérite vraiment d’être lu.

  5. Antoine dit :

    Non c’est sûr mais souvent les plus beaux livres sont aussi les plus déprimants !

  6. Un livre qui ne respire pas la joie de vivre, pourtant.

  7. florence lorrain dit :

    on trouve ce texte encore plus facilement en librairie !!!

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