Santiago H. Amigorena – Mes derniers mots

Santiago Amigorena Mes derniers motsEn 2086 un virus décime la population mondiale. Les rares survivants se regroupent pour partager ensemble les derniers moments de l’humanité. Le narrateur, âgé de vingt ans, s’interroge sur les erreurs commises par l’homme qui ont pu conduire à ce chaos sans précédent.

Dans ses précédents romans (voir Le premier amour, La première défaite, Des jours que je n’ai pas oubliés), Santigao H. Amigorena se livrait à l’exercice de l’autofiction, revenant – avec beaucoup de poésie et de talent – sur son passé amoureux. Ici, il change totalement de registre en s’essayant au roman d’anticipation. De quoi dérouter ceux qui sont habitués à le lire, moi le premier !

En imaginant la fin de l’humanité dans un futur relativement proche (2086), on comprend vite qu’Amigorena ne cherche pas tant à prévoir l’avenir qu’à attirer notre attention sur nos comportements abusifs qui pourraient avoir des conséquences dramatiques sur l’environnement et l’humanité.

 

On m’a dit qu’avant ma naissance, les hommes se baignaient dans les rivières.
On m’a dit que l’eau coulait dans les maisons.
On m’a dit qu’on utilisait l’eau pour se laver.

Pendant quelques décennies, alors que nul n’ignorait que des milliers d’hommes mouraient de soif de parle monde, on a continué d’utiliser l’eau pour se laver.

Comment, après quelques millénaires d’existence, l’humanité a-t-elle pu donner à la propreté une importance plus grande qu’à la vie ?

Voilà encore un terrifiant détail historique que jamais personne, heureusement, n’aura à élucider.

 

Ce regard critique sur le mode de fonctionnement de notre société se voit très vite et revient trop souvent dans le livre, rendant le roman extrêmement moralisateur. Fallait-il dépeindre un monde devenu extrêmement cruel pour nous alerter ? Fallait-il pour cela nous décrire des scènes d’extrême barbarie ? Plus d’une fois des passages trop sombres m’ont donné envie de refermer le livre et il m’a fallu lutter pour arriver jusqu’à la dernière ligne.

Quand j’ai vu chez moi libraire qu’Amigorena sortait un nouveau livre, je l’ai acheté les yeux fermés pensant retrouver son style habituel mais avec Mes derniers mots j’ai eu l’impression de lire un autre écrivain, bien éloigné de celui qui a su me charmer dans le passé. Où est passé le poète et le romantique que l’on connaissait ?

 
Note : 
 

2015 – 196 pages – ISBN : 978-2-8180-3566-5
Santiago H. Amigorena – Franco-argentin
Editions Gallimard

 

Antoine Vitek

Fondateur de Culturez-vous. Organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Amoureux des livres, de Paris et de ses musées. Flâneur professionnel et éternel curieux.

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