Jean-Louis Fournier – Poète et paysan

Résumé :

Pour plaire à sa fiancée, le protagoniste (J-L Fournier ?) quitte la vie parisienne afin d’apprendre auprès de son beau-père le métier d’agriculteur, dans l’espoir de reprendre un jour la ferme de ce dernier. Mais ce métier est très difficile et n’a pas que de bons côtés aussi, il lui faudra faire preuve de beaucoup persévérance et d’humour pour tenir le coup !


 

Avis :

Jean-Louis Fournier Poète et paysan

Conquis depuis un moment par le style de Fournier, je n’ai pas trainé à acheter ce livre lorsque j’ai appris sa toute récente parution. Le bandeau (oui car vous aurez remarqué que ces derniers temps tous les livres ont un bandeau, à croire qu’ils se sentent nus sans ce bout de papier qui ne sert à rien… et puisque tous les livres ne peuvent pas se vanter d’avoir un prix on peut y lire des phrases sans intérêt à défaut) nous dit « Jean-Louis Fournier est capable de tout »… Ah ? Il braque des banques ? Il est un superman des temps modernes ?… Non non, il essaie d’être fermier (oui ça méritait bien un bandeau !… ahem). Bref, pour mieux plaire à sa fiancée, Fournier (?) va donc tenter de devenir fermier, un métier qui ne s’apprend pas en un jour, il en fera la douloureuse expérience. Mais comme à son habitude, il a le sens de l’humour et parvient à trouver du comique dans sa vie paysanne.
Honnêtement j’ai été un peu déçu : je n’ai pas accroché à ce livre comme j’ai pu le faire avec les autres titres de l’auteur. On est à mi-chemin entre les livres humoristiques (Mon dernier cheveu noir, A ma dernière cigarette…) et entre les livres plus « touchants » (Où on va, papa ?, Il a jamais tué personne, mon papa) aussi ai-je peut-être été perturbé par ce mélange des genres. J’ai en outre été moins sensible à l’humour du livre, celui-ci ne m’a pas vraiment fait rire par rapport aux autres livres de Fournier.
Paradoxalement, c’est le dernier quart de l’histoire qui m’a le plus séduit, quand Fournier se détache de la vie agricole, j’ai eu la sensation de lire quelque chose de plus personnel et de moins artificiel ; je n’ai pas très bien compris s’il s’agissait d’une autofiction ou d’un roman, j’ai l’impression qu’il y a une part d’autobiographie puisque l’on retrouve dans le livre certains éléments qui semblent correspondre à l’écrivain. Si vous avez des précisions, je suis preneur !
En bref, je ne pense pas que tous ceux qui ont découvert Fournier à travers « Où on va, papa ? » accrocheront à ce nouveau titre qui est bien différent et il ne faut pas se plonger dedans en se disant que l’on va lire un livre humoristique. N’hésitez pas à me donner votre avis sur le livre, je serai curieux d’avoir d’autres opinions mais personnellement j’avais été habitué à mieux : parfois à plus drôle, parfois à plus touchant, ici le mélange des deux ne m’a pas vraiment séduit. Malgré tout je continue de vous conseiller de rentrer dans l’œuvre de Fournier que j’aime beaucoup, mais plutôt par d’autres titres que celui-ci.

 

Extrait :

 

Quand j’ai pensé reprendre la ferme, la campagne pour moi, c’était le passé. J’avais la tête remplie d’images de mon livre d’enfance, Les Travaux des champs. J’allais devenir le gai laboureur d’antan, je m’y voyais. J’avais fière allure avec mon sarrau que le vent gonflait. J’avançais doucement, sûrement, derrière mon gros cheval qui tirait la charrue. Il s’appelait Bijou et je l’encourageais avec des mots doux.

Des nuées d’oiseaux nous suivaient pour dénicher des vers dans les sillons frais. Quelle belle image, quel beau tableau. On n’était plus au bon vieux temps, j’avais oublié le progrès. « Un élan vers le pire », dit Cioran. Un progrès qui s’appelle Farman, Ferguson, Renault… Puant. Et tellement bruyant qu’on n’entend plus sonner l’angélus.

Le cheval a été mis définitivement au chômage. Le gai laboureur a perdu sa gaieté. Maintenant il est secoué, il respire les gaz d’échappement, il ne parle plus, il n’a rien à dire à son tracteur. Il est seul dans la plaine immense.

Il s’emmerde, le gai laboureur.

Il trace à longueur de journée des longs sillons parallèles.

Tristement, comme un enfant puni, il fait ses lignes.

 
Note : 
 

2010 – 155 pages – ISBN : 978-2-234-06324-2
Jean-Louis Fournier – Français

Article initialement publié sur le blog Art Souilleurs

 

Antoine Vitek

Fondateur de Culturez-vous. Organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Amoureux des livres, de Paris et de ses musées. Flâneur professionnel et éternel curieux.

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14 commentaires

  1. clara dit :

    J’hésite… j’ai peur d’être déçue

  2. Antoine dit :

    au pire tu peux toujours attendre la version poche…

  3. Antoine dit :

    En fait chez Fournier on trouve deux sortes de livres :
    – Des livres humoristiques,
    – Des livres plus personnels.

    « Poète et paysan » est, comme je le disais, à mi chemin entre ces deux « catégories ».

    Dans les livres que j’appelle « personnels », je te conseille vivement « Où on va, papa ? » qui a été un grand succès de librairie et à juste titre. Un livre très touchant.

    Dans les livres plus humoristiques j’ai beaucoup aimé « Le CV de Dieu » et « Satané Dieu » (il faut dire que j’adore plaisanter sur la religion !) mais tu peux aussi lire « A mon dernier cheveu noir » qui est aussi très bien ! 🙂

  4. Quels autres titres conseillerais-tu de cet auteur ?

  5. MOUFLARD CLAUDE dit :

    J’ai bien aimé, c’est bref, c’est concis, c’est imagé, c’est agréable, ça ne demande pas de se torturer les méninges, ça ne vous fait pas déprimer, ça replace les choses dans le temps (celui que j’ai partagé avec l’auteur), ça replace les choses dans l’espace (celui dans lequel je vis) j’aimerais être capable d’en faire autant sur un sujet aussi mince(Parole de romancier!) Bravo, Jean Louis!

  6. marie-françoise dit :

    Je viens de le terminer.Déçue. Un petit livre facile, une histoire gentillette. Ca se lit vite: il ne m’en restera pas un grand souvenir. Je ne le proposerai pas dans mon club de lecture. Alors que « Ou on va papa? »avait beaucoup plu.

  7. Antoine dit :

    Oui voilà, je partage ton opinion ! Ma mère a voulu le lire et a eu aussi la même impression…

  8. marjorie dit :

    Je viens de découvrir cet auteur et ce merveilleux livre! Oui merveilleux! Cela faisait très longtemps que je n’avais pas ressenti un tel plaisir en lisant. J’ai été fascinée, émerveillée, touchée! C’est brillant, intelligent. J’ai hâte de découvrir le reste de ses oeuvres…

  9. petzoi dit :

    Je rejoins l’avis de la plupart car j’espérais trop. Mais bien des péripéties ont une jolie saveur : du caneton (et la chute du chapitre qui m’a fait bien rire) au champ frisé … En fait, séduit par l’attachante personnalité de Fournier, j’ai plus « entendu » ce livre que je ne l’ai lu.

  10. clochot dit :

    J’ai découvert Jean-Louis Fournier avec ce livre « poète et paysan ». J’ai aimé le ton léger et l’histoire assez peu courante, cependant j’ai été profondément déçue par le contenu (lu en à peine 1 heure). J’ai presqu’envie de dire que c’est une imposture. Le lire en poche, sans faire injure au livre de poche, c’est tout ce qu’il mérite. Maintenant compte tenu ces messages que je viens de lire, j’ai quand même envie de découvrir JL Founier avec d’autres romans.

  11. Antoine dit :

    Je pense que les avis se recoupent autour de ce livre, on s’attendait à mieux. Mais comme tu le dis, je t’invite à lire d’autres romans de Fournier, celui-ci n’est (à mon avis) pas représentatif de son œuvre, loin de là !

  12. Cardi dit :

    J’ai lu « poète et paysan » de Fournier, comme je bois un verre de bon vin, et il m’en reste encore l’eau à la bouche .
    Mais peut-être faut-il être de cette province-campagne qui sent si bon la France pour apprécier!

  13. Antoine dit :

    Cardi -> Disons qu’il n’y a pas que du mauvais dans ce livre, mais pour ma part j’ai surtout été déçu par rapport aux autres romans de Fournier que j’ai pu lire.

  14. juliette dit :

    J’ai découvert Jean Louis FOURNIER avec « poète et paysan ». Chaque page est une délectation ! J’ai beaucoup ri. C’est léger, sensible et profond… Ca fait un tel bien de lire quelque chose qui vous ressemble tant… Comprend qui vient de là, du monde paysan…

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