Hélène Grémillon – La garçonnière

Résumé :

 

Vittorio est psychologue. Un soir, en rentrant chez lui, il découvre qu’une bagarre a eu lieu dans son appartement et s’aperçoit que la fenêtre est ouverte. Sa femme git, inanimée, plusieurs étages plus bas. Rapidement, les policiers font le lien avec ses récents problèmes de couple, voient en lui le coupable idéal et l’accusent d’être l’auteur de ce meurtre.
Emprisonné et tandis que tout l’accuse, Vittorio demande à Eva Maria, l’une de ses patientes, de mener sa propre enquête pour découvrir l’identité du vrai meurtrier.


 

Avis :

 

Hélène Grémillon - La garçonnièreLa lecture du précédent et premier livre d’Hélène Grémillon, Le confident, m’avait laissé perplexe : je n’avais pas du tout accroché à ce roman alors que la blogosphère se montrait très enthousiaste. La sortie de ce second roman, m’a donc offert l’opportunité de donner une nouvelle chance à Hélène Grémillon.

Je dois reconnaître à Hélène Grémillon un talent certain pour l’écriture : la lecture est agréable et on est rapidement pris dans l’histoire. Par ailleurs, l’auteure semble avoir beaucoup d’intérêt pour le contexte historique dans lequel prend place ses romans. On le sentait déjà pour Le confident peint sur fond de seconde guerre mondiale, ça se confirme ici. Ce roman serait inspiré d’une histoire vraie et gravite autour de plusieurs éléments de la période sombre de l’Histoire de l’Argentine comme les desaparecidos et des tortures menées durant la dictature des années 70/80.

Malheureusement, malgré ces qualités, la déception a une nouvelle fois été au rendez-vous. Hélène Grémillon a pris le parti de mettre l’enquête d’Eva Maria au cœur de son roman. Eva Maria se plonge dans la vie et le travail de Vittoria pour trouver le véritable assassin et rapidement on voit les ficelles : elle trouve une piste, l’explore, partage ses – longues – réflexions et doit se rendre à l’évidence : elle fait fausse route. Ca marche sur quelques dizaines de pages et puis petit à petit ça devient lassant, on revient chaque fois au point de départ mais comme on a déjà lu 150 / 200 pages on continue, on a envie de savoir. Malheureusement…

Attention spoiler

On comprendra dans les dernières pages qu’un énorme Deus Ex Machina vient régler toute cette histoire et que les 250 pages passées avec Eva Maria n’ont servi presque à rien. Lire le tout début et la toute fin du livre aurait été suffisant (sic !).

Le personnage d’Eva Maria est intéressant et traine un lourd passé mais on tire un peu trop sur la corde sensible et ce qui marche sur les 150 premières pages s’essouffle peu à peu. Je ressors donc déçu de cette lecture, le style est bon mais pour l’histoire on repassera… dommage, il y avait sans doute une centaine de pages en trop.

Par ailleurs, j’ai cherché en vain quelques informations sur la vraie histoire pour voir quelles libertés prend ce roman, si vous avez des éléments à me donner je suis preneur !

 

Extrait :

 

La porte de l’appartement était ouverte quand je suis rentré, un affreux courant d’air ma saisi à la gorge, la musique me parvenait très forte du salon, le désordre y régnait comme s’il y avait eu une bagarre, les fauteuils étaient à terre, la lampe était tombée, il faisait si froid, la fenêtre était grande ouverte, j’ai tout de suite su qu’il s’était passé quelque chose. Lisandra était si frileuse, même les nuits de chaleur terrible elle dormait toujours avec le drap sur elle, elle disait que seul le poids du tissu lui permettait de s’endormir et mon corps également, serré contre elle, le contact de l’air, le souffle de l’air même quand il ne soufflait pas lui était insupportable, j’ai fermé la fenêtre et je l’ai cherchée partout, j’ai couru dans la cuisine, dans la chambre, dans la salle de bain, et ce n’est qu’à ce moment-là, quand j’ai vu qu’elle n’était nulle part, que je suis revenu sur mes pas et que j’ai compris, que j’ai eu peur de comprendre, j’ai enjambé le vase à terre fracassé, l’eau du vase répandue, à cet instant j’ai entendu un cri strident dans la rue, et j’ai rouvert la fenêtre, je n’osais pas me pencher, Lisandra, son corps, gisait en bas, elle était là, allongée sur le sol, sur le dos, la tête sur le côté, je ne pouvais pas voir si elle respirait encore, deux jeunes amoureux étaient penchés sur elle, ils se tenaient par la main, je leur hurlai de ne pas la toucher, de ne pas la bouger, et j’ai couru dans l’escalier, les deux jeunes amoureux avaient reculé, ils ne se tenaient plus par la main, l’avaient-ils touchée ? son front était glacé, un filet de sang coulait de sa bouche, ses yeux étaient ouverts, gonflés, Lisandra, je ne l’ai pas tuée, je n’aurais jamais pu la tuer, il faut me croire Eva Maria.


Note :  (6/20)

2013 – 358 pages – ISBN : 978-2-0813-0887-9
Hélène Grémillon – Française

Editions Flammarion
 

Merci à Priceminister pour m’avoir offert ce livre dans le cadre du Match de la Rentrée Littéraire 2013.

 

Antoine Vitek

Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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