La Gaîté Lyrique : du Boulevard du Crime au square des Arts et Métiers

Façade de la Gaîté lyrique
Façade de la Gaîté lyrique © Gaëlle Matata

Cinq ans après sa réouverture, la Gaîté Lyrique est un spot désormais bien connu des parisiens qui y découvrent concerts, conférences et expositions en lien avec les arts numériques et les musiques actuelles. Mais avant de devenir l’établissement que l’on connaît aujourd’hui, la Gaîté a connu une vie bien mouvementée…

 

Au commencement, le boulevard du Crime

L’histoire de la Gaîté-Lyrique commence en 1759 lorsque Jean-Baptiste Nicolet installe sa troupe sur le boulevard du temple, aussi surnommé Boulevard du Crime en raison des nombreux meurtres représentés chaque soir dans des comédies mélodramatiques. Le théâtre de la Gaîté se trouve alors juste à côté du théâtre des Funambules, qui inspirera Prévert et Carmet dans Les enfants du Paradis.

Le premier théâtre est de taille modeste. Il est reconstruit en 1808 et se dote d’une capacité de 1800 places avant d’être détruit par un incendie en 1835. Reconstruit dans la foulée, le théâtre vit des heures heureuses et jouit d’une grande notoriété.


Boulevard du Temple : Partie occupée par les théâtres jusqu’en 1862 : [estampe] / A. Potémont 1863

 

Elle est détruite par ici, elle sera reconstruite par là-bas

La salle est pourtant menacée dans la seconde moitié du XIXe siècle avec les grands travaux du Baron Haussman qui viennent bouleverser le paysage du quartier afin de créer la place de la République. De tous les théâtres du Boulevard du Temple, seuls deux survivent à ces expropriations : les Folies-Mayer (actuel théâtre Déjazet) et la Gaîté Lyrique. Le salut de cette dernière ne tient qu’à sa notoriété. Pourtant située sur le chemin des travaux, la salle est détruite mais reconstruite quasiment à l’identique en 1862 à son emplacement actuel, sur le square des Arts-et-Métiers.

Au cours du siècle suivant, le théâtre voit se succéder de nombreux directeurs, parmi lesquels le célèbre Jacques Offenbach (celui à qui l’on doit notamment Barcarolle). Son nom change également plusieurs fois, on l’appellera notamment Théâtre Lyrique, Opéra Populaire, Opéra Municipal de la Gaîté…

Malgré quelques heures sombres – notamment pendant l’occupation où le théâtre est pillé – la Gaîté vit des moments joyeux. On y célébrera le soixante-dixième anniversaire de Victor Hugo, les ballets Russes y poseront leurs valises et de grands succès y seront joués.

 

Abandon et renaissance de la Gaîté Lyrique

En 1963, le théâtre est à un tournant de son histoire. Fermé pour cause de déficit, il est laissé à l’abandon et n’ouvre que pour de rares occasions. Faute de moyens, son entretien n’est pas assuré et le bâtiment se dégrade peu à peu, à tel point que le dôme de la salle menace de s’effondrer. On se voit contraint de bétonner une partie de la grande salle qui est ensuite détruite dans le cadre d’un projet de parc d’attraction qui ne vivra pourtant que quelques semaines.

Ce n’est que vingt ans plus tard, en 2002, que la Mairie de Paris ambitionne de restaurer la Gaîté pour en faire un établissement culturel destiné aux cultures numériques et aux musiques actuelles. Les travaux d’aménagement de ce nouveau lieu débutent en 2007 et s’achèvent en 2011.

Ouvert au public en mars de la même année, la nouvelle Gaîté Lyrique fête cette année son 5e anniversaire. Depuis 2011, l’établissement a accueilli 1,3 millions de visiteurs autour de 400 concerts, 20 expositions, 60 festivals et 1000 ateliers.

 

Souhaitons-lui une vie longue et gaie !

Antoine Vitek

Jeune trentenaire et vieux blogueur. Fondateur de Culturez-vous et organisateur de l’association "Un Soir, un Musée, un Verre". Flâneur professionnel et éternel curieux.

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