Détroit à l’Olympia, le 14 octobre 2014

Quelques mois après avoir rempli la Cigale, Detroit s’est installé pour trois dates à l’Olympia. Bertrand Cantat et ses acolytes y ont, pendant deux heures, mis le feu, mêlant des titres de Détroit et des classiques de Noir Désir. Formation rock efficace au chanteur bête de scène, Détroit a ravi son public !

C’est Georges Sound qui se lance dans l’arène en premier. Ce trio bordelais est surprenant et créatif. On reconnaît plusieurs univers dans leurs compositions : des musiques et des rythmes rock, hip hop ou électro, un phrasé Rap et un contenu définitivement Punk. Ça pourrait paraître brouillon, mais ça passe plutôt bien. Les textes sont engagés, revendicatifs. Ça rappelle nos jeunes années ! Sans transporter le public qui attend le dieu Cantat, Georges Sound fait le boulot et le fait très bien. Sur leur dernier morceau, le public joue même le jeu, reprenant le refrain et tapant dans les mains.

L’Olympia se remplit et le public, principalement composé de quadra, commence à s’impatienter. Mais, à 21h15, les lumières s’éteignent et… le voilà ! Accompagné de son nouveau groupe, Bertrand Cantat prend place sur scène avec un grand sourire et ouvre avec Ma Muse. Dès les premières notes, des les premiers mots, un frisson parcourt le public. C’est parti ! Et le show ne va plus s’arrêter. Pendant deux heures, Détroit va transporter son public.

Le set mélange des morceaux de Détroit et de Noir Désir. On passe ainsi de Horizon à Ernestine, de Lolita nie en bloc à Ange de désolation… Cela s’enchaîne très bien, les deux univers sont proches. Si le public apprécie et participe aux morceaux de Détroit, il se déchaîne sur ceux de Noir Désir. On ne peut pas le nier, on aime Détroit mais on aime encore plus (pour le moment) Noir Dés’. Il faut dire que les chansons de Noir Désir ont bercé notre adolescence, notre entrée dans l’âge adulte et c’est, en grandes personnes, que nous avons appris la séparation définitive du groupe. C’est pour dire qu’ils ont longtemps fait partie de notre vie.

Sur scène, Bertrand Cantat se donne à fond. Habité, charismatique, il communique sa joie d’être là avec l’ensemble du groupe, partageant des moments avec chacun. Ils s’éclatent et en profitent. Nous aussi. Les guitares sont énergiques, criantes et puissantes. La mise en scène est sobre, associant lumières blanches et rouges, appuyée par un écran géant diffusant images ou messages. Les morceaux s’enchaînent et le public est aux anges.

Après une courte pause, Detroit revient avec une violoncelliste et violoniste pour une jolie version de Droit dans le soleil. La suite se fait plus engagée. Bertrand Cantat nous parle de servitude volontaire sur Sa majesté, de jeunesse dépolitisée avec Un jour en France et nous invite à poursuivre la lutte avec Fin de siècle.

Détroit termine ce concert avec Tostaky. Logiquement, le public devient fou. Tout le monde chante, danse, saute, crie. C’est l’euphorie absolue !

Plein d’énergie, Détroit revient une dernière fois sur scène et termine le show avec Le vent nous portera et  Comme elle vient. Le public, épuisé mais ravi, ne s’arrête plus de chanter.

Les applaudissements sont longs, très longs. Nous n’avons pas envie de les voir quitter la scène et eux, n’ont pas l’air d’avoir envie de partir. Le groupe nous remercie et nous applaudit longuement. On voudrait que ça ne finisse jamais !

Quel plaisir d’entendre à nouveau cette guitare et cette voix. Quel bonheur de pouvoir exprimer sa rage en gueulant (pardon mais c’est le terme qui convient le mieux) encore une fois ‘Soyons désinvolte, n’ayons l’air de rien’. Quelle chance, enfin, de retrouver pendant deux heures, ses 20 ans et sa légèreté de l’époque.

Detroit reviendra à Paris, au Zénith, début décembre. En attendant, le 3 novembre sortira un album live, enregistré à la Cigale en Juin. De quoi nous faire gueuler dans nos salons !

 

Setlist :

 

Ma Muse
Horizon
Ernestine
A ton étoile
Le creux de ta main
Lazy
Gimme danger (reprise de The Stooges)
Le fleuve
Lolita nie en bloc
Ange de désolation
Null and Void

Droit dans le soleil
Glimmer in your eyes
Sa majesté
Un jour en France
Fin de siècle
Tostaky

Le vent nous portera
Comme elle vient

Tostaky (La Cigale 2014)

 
Droit dans le soleil (La Cigale 2014)

 

Agnès

Eternelle curieuse. Touche à tout culturelle, j’aime découvrir des nouveaux artistes, des nouveaux courants, de nouveaux lieux. Musique, ciné, danse, théâtre… rien ne m’arrête ! Je confesse malgré tout une affection particulière pour la musique live associée à une grosse consommation de concerts ! Petites salles ou grandes scènes, jazz, rock, métal ou électro, je respire la musique sous toutes ses formes !

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